Accueil du site || Editoriaux || SALUT L’ALTISTE !

En terre magyare, comme partout ailleurs, la coutume veut que les excès de la Saint Sylvestre s’accompagnent bizarrement de belles et grandes résolutions. Mais c’est par une véritable action d’éclat que Madame Gacser inaugura l’an de grâce 1938 en donnant le jour, le 1er janvier, au plus comme ça mignon poupon qu’on eût su voir : ainsi commençait le fabuleux destin de Laszlo.

L’enfant grandit en force et en sagesse. Son esprit éclectique et curieux en fit un passionné de mécanique, d’astronomie et. de violon. Le mouvement pendulaire de l’archet, inexorablement déterminé par l’alternance des tirés et des poussés symbolisait-il dans son inconscient la prodigieuse précision de l’Horloge Cosmique ? Toujours est-il que les grandes interrogations de ce perfectionniste seront dès la prime jeunesse intimement liées à la question shakespearienne : « ou pousser ? ».

En même temps que l’enfant puis l’adolescent, l’instrument se développait ; et c’est avec un alto que Laszlo aborda sa carrière . On le vit à Vienne, puis en France où l’esprit des Lumières l’avait peut-être attiré...ainsi que l’esprit d’ascèse de l’ Ensemble Colson en son ashram.

Il y eut Mulhouse, avant l’apothéose strasbourgeoise !

A Schiltigheim, un tiré un peu trop à la corde priva quelque temps l’OPS de sa présence ; après quoi Laszlo revint, plein d’usage et raison, vivre parmi ses pairs le reste de sa vie professionnelle.

Puis ce fut le concert de la Saint Sylvestre 2002 : après 13 801 991 104 poussés et 13 801 9910105 tirés, l’archet de Laszlo prit congé de l’OPS.

L’heure a sonné pour toi, Laszlo, de te lancer à la découverte des rares contrées qui, de par le vaste monde, ont encore échappé à la vigilance de ta komsza minjon kameszkop : trouveras-tu assez d’images pour satisfaire l’insatiable gloutonnerie de ton indispensable compagnon ?

Bons voyages, Laszlo...et à la prochaine générale !

ps:

(Tiré de Gacser der Bratscher Editions Odile Jacob Traduit du laszlique par R. Cheney.)